Noël quand on a le coeur à la flotte

En cette période de l’année, la plupart d’entre nous s’activons avec les nôtres à préparer la période des Fêtes dans la joie, l’excitation et même la fébrilité. Malheureusement, certaines personnes trouvent cette période particulièrement difficile et souhaiteraient s’endormir jusqu’au 6 janvier. Qui n’a pas entendu un de ses proches dire une des ces phrases et ne pas savoir quoi lui répondre pour lui redonner l’esprit des Fêtes :

« Cette année, ça va être difficile le temps des Fêtes. »

« Le temps des Fêtes, je passerais bien par-dessus. »

« Je vais encore passer les Fêtes à le surveiller pour ne pas qu’il boive trop et que les enfants ne le voient pas ainsi. »

« Cette année, je n’ai même pas assez d’argent pour recevoir mes grands enfants et leurs familles à un souper des Fêtes. »

« Moi, je déteste le temps des Fêtes. »

« À Noël, ce n’est plus pareil depuis que maman nous a quittés, même si ça fait déjà dix ans. »

« C’est mon premier Noël depuis notre séparation et je n’ai pas les enfants. Je ne sais pas comment je vais passer à travers. »

« Noël, je l’appréhende depuis la mort de mon enfant. »

« Noël, ça me stresse tellement que je n’arrive pas à en profiter. »

« Je n’ai plus d’espoir que ça se règle avant les Fêtes. Ça va faire dur chez nous. »

Sens de la fête de Noël

Mais quel est donc le sens de cette fête pour que certains d’entre nous trouvent si difficile de traverser cette période de l’année? Les éléments qui s’y greffent sont les suivants : des réjouissances en famille, une nostalgie de l’enfance, une fête pour les enfants avec des tonnes de cadeaux, être en congé tout le monde en même temps, visiter ses vieux parents ou ses grands-parents. Il y a aussi, bien sûr, les retrouvailles familiales et amicales et souvent, un retour aux sources dans son lieu d’origine. Inconsciemment, nous cherchons à revivre les traditions personnelles, amicales, familiales ou sociales, à redevenir un peu un enfant, à s’émerveiller devant les maisons illuminées. Bref, à s’imprégner de la magie des Fêtes tout en installant les décorations de Noël, en chantonnant et en popotant.

Difficultés à surmonter

Noël peut aussi être une source de sentiments négatifs étant donné les espoirs que cette période suscite et les déceptions que cela peut engendrer. Il y a les pertes et les deuils récents ou ceux vécus antérieurement pendant cette période mais aussi la nostalgie des joies anciennes disparues ou de notre innocence d’enfant envolée. S’ajoutent des difficultés bien réelles : difficultés de donner des cadeaux et de participer aux réjouissances à cause du manque d’argent; pauvreté des liens affectifs, conflits dans la famille ou au travail, grève ou chômage, consommation abusive d’alcool et de drogue, souvenirs de fêtes ratées, incapacité physique ou financière de recevoir les siens, se retrouver seul-e à Noël ou au Nouvel An, problèmes de santé physique ou mentale ou encore, désarroi devant les difficultés personnelles d’un proche à qui on ne peut fournir de l’aide.

Les symptômes

Si vous êtes actuellement affecté par l’une ou l’autre de ces situations , il est possible que vous ayez observé l’un ou l’autre des symptômes suivants. C’est normal de les éprouver quand on vit une situation stressante.

Au plan physique :

  • Troubles de sommeil, fatigue importante et inhabituelle.
  • Maux de tête, palpitations, douleurs musculaires.
  • Perte ou augmentation de l’appétit.
  • Consommation plus importante d’alcool, de drogue ou de médicaments.

Au plan psychologique :

  • Sentiment de peur, inquiétude, anxiété.
  • Isolement, tristesse et même colère.
  • Confusion et sentiment de perte de contrôle : « Je suis tout mêlé. »
  • Patience limitée.
  • Conflits plus fréquents avec les gens.

Les enfants, quant à eux, nous parlent à leur façon de la tension qui se vit dans la maison. Ils pleurent pour des riens, font des cauchemars, ont mal au ventre, sont plus peureux ou agressifs.

Moyens de faire face

Que cela soit votre premier Noël difficile à traverser ou le quinzième , ces quelques conseils pourront peut-être vous aider à mieux vivre cette période particulière :

  • Tout d’abord, se rappeler le sens premier de cette fête qui est celle des retrouvailles, des réjouissances entre les membres de la famille. L’essentiel est donc de prendre le temps d’être vraiment avec les siens et de tenter de retrouver son cœur d’enfant.
  • Modérez sa consommation d’alcool ou de drogue et rechercher plutôt un grand bol d’air.
  • Parler directement aux membres de la famille qu’on sait en difficulté.
  • Faire appel à sa créativité, à son ingéniosité.
  • Décréter une trêve entre les membres de la famille qui pourraient ne pas être du « même bord de la clôture ».
  • Éviter les sujets chauds de l’heure et les sources habituelles de conflits.

Faire des efforts pour organiser et prendre part à des activités qui ne coûtent pas cher mais qui favorisent le plaisir de s’amuser tous ensemble.

Par exemple :

  • Faire des activités en famille et s’inventer des jeux.
  • Mettre sur pied un comité de loisirs au sein de la famille.
  • Organiser des tournois de jeux de cartes.
  • Organiser des activités de plein air réunissant des gens de toutes les générations : traîneaux, glissade, raquettes, patins, match de hockey, partie de balles de neige.
  • Faire un échange de cadeaux rigolos et pas trop chers ou qu’on a fabriqués soi-même ou avec les enfants.
  • Aider les enfants à monter de petits spectacles amusants.
  • Et pourquoi pas un concours de la maison la mieux décorée du quartier ?

Les ressources à votre disposition

Il peut arriver que ces moyens soient insuffisants pour faire face à une détresse qui s’installe en vous dans les jours précédant la période des Fêtes. Il faut alors se reporter sur ses ressources personnelles, familiales de même que celles de notre communauté.

Au plan personnel :

  • Cultiver sa croyance en ses capacités pour faire face aux difficultés.
  • Revoir sa conception de la vie, se ressourcer spirituellement et miser sur les valeurs fondamentales comme l’entraide, la compassion, la générosité, l’ouverture, la souplesse, la créativité, la famille.
  • Se rappeler comment on s’est déjà sorti d’une situation difficile dans le passé.
  • Mettre l’accent sur ce que l’on a plutôt que ce que l’on a perdu et qui va nous manquer cette année.
  • Repenser son rôle dans la famille.

Être un parent, ce n’est pas juste donner des cadeaux; c’est être parmi les siens et organiser la vie familiale comme un guide. C’est susciter la réflexion chez les petits comme les grands enfants sur les difficultés inhérentes à certaines situations de vie.

Au plan familial :

  • Se rappeler que « le rire nous rapproche et les larmes se partagent. »
  • Favoriser l’entraide entre les membres de la famille.
  • Aller au devant des gens qui sont en difficulté et leur en parler directement.
  • Changer nos façons de faire tout en préservant l’esprit des Fêtes afin de permettre à chacun de s’intégrer sans gêne.

Les ressources de notre environnement sont disponibles même durant cette période. Il y a toujours les ami-e-s pour aider à se comprendre et à se remonter le moral. C’est la seule période de l’année où presque tout le monde est en vacances en même temps. Profitez-en!

Si vous avez besoin de soutien supplémentaire, n’hésitez pas à faire appel aux ressources de la communauté :

  • La ligne de prévention du suicide : 1-866-277-3553
  • Le Centre Bernard-Hamel, pour de l’aide alimentaire: (819) 797-2245
  • Votre Centre de Santé et de services sociaux: (819) 762-8144

Que cette période des Fêtes vous permette d’expérimenter de nouvelles façons d’être en paix avec vous-même et avec les autres.